Salignac Eyvigues
Jayac
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Commune de Jayac


Jayac, que  l’on trouve parfois orthographié Gayac, Geac, Gaiac dans les écrits anciens signifie le domaine de Gaius, nom gallo-romain de personne. La terminaison ac vient du latin acum, qui « appartient à ». Jaiac en occitan.
L’histoire de Jayac (mentionné dès 1251 dans le testament du Vicomte de Turenne) est surtout liée à celle des seigneurs de Carbonnières à partir de 1417.
L’exploit le plus remarquable des membres de cette famille est celui de Jean de Carbonnières qui, pendant la Guerre de Cent Ans, s’empara par surprise de Domme, occupé par les Anglais depuis 21 ans, et dont  Charles VI roi de France était en train de négocier le rachat.


Pendant les Guerres de religion, Charles de Carbonnières se porta à l’aide de Sarlat attaqué par les troupes protestantes de Duras en 1552. En 1587, son frère Gauthier défendit la ville assiégée par le Vicomte de Turenne. Il y fut gravement blessé et mourut peu après.


Henri IV ne leur en tint pas rigueur : en 1578 il adressa une lettre à Charles de Carbonnières pour l’inviter à venir accueillir sa femme, Marguerite, reine de Navarre en route pour Pau. Et en 1599, il octroya à son petit-fils, François de Carbonnières, un droit de chasse exceptionnel. 


Les Guerres de religion avaient provoqué une telle misère que les paysans de la région rejoignirent la révolte dite « des Croquants ». Le seigneur de Jayac fut alors de ceux qui créèrent une Ligue offensive et défensive contre les Croquants qui mit fin à ce mouvement de désespoir.
En 1794, les femmes de Jayac, voyant arriver les collecteurs de grains, sonnèrent le tocsin pour ameuter les villages voisins. Elles furent en tête de la troupe qui, armée de pierres, de piques et de faux, repoussa les envoyés de Lavilledieu et de Montignac. Considérant que les paysans avaient été poussés par les prêtres réfractaires et les émissaires de la contre-révolution, le Tribunal révolutionnaire acquitta tous ceux qui avaient été arrêtés.


De son lointain passé, Jayac a gardé les restes d’un donjon féodal. Il menaçait ruine déjà quand Léonarde et Catherine de Carbonnières firent construire, à la Renaissance, le petit château voisin plus agréable à vivre.
L’église a conservé dans son chœur roman, quelques chapiteaux sculptés et surtout une belle Piétà du XVe siècle, malheureusement très mutilée.
Signalons aussi les vestiges, situés à flanc de colline, dans une propriété privée, de ce qui fut autrefois le château de Granval, dont on trouve mention au XVe siècle. Ces vestiges, entièrement taillés dans le rocher, comportent essentiellement un four, dont l’entrée est partiellement obstruée, de 4 à 5 m2 de surface au sol et un puits, de plan circulaire, aux bords finement taillés, d’environ un mètre de diamètre et d’au moins 21 mètres de profondeur (niveau actuel du comblement). La légende raconte que deux cloches reposent au fond…


En ce qui concerne le petit patrimoine, on peut apercevoir deux cabanes rondes en pierre sèche sur le flanc de la colline au nord ; un travail à ferrer les bœufs dans le bourg ainsi qu’un puits ; et, à la sortie du village (route du Theil) un lavoir qui, témoignage de l’humour jayacois, porte deux inscriptions inattendues :  Don de l’Evêque et Don du Moine, chaffres (surnoms) des propriétaires riverains.
Ceux que le relief calcaire intéresse, remarqueront de l’autre coté de la route une « perte » : les eaux du ruisseau disparaissent dans un trou. On les retrouve (grâce à un colorant fluoré) dans la résurgence du Coly à La Doux.
Jayac a perdu son café, son bureau de poste, son épicerie, sa forge et son école où enseignèrent, dans les années 1905-1930, les parents d’Yvon Delbos. Celle-ci a été remplacée par l’Ecole des Sciences, fréquentée par les élèves de Borrèze, Salignac-Eyvigues, Saint Crépin-et-Carlucet, Saint-Geniès et Proissans. Ce qui donne un peu de vie à un bourg bien endormi désormais. Alors que, vers 1869-1870, une pseudo apparition miraculeuse de la Vierge, dans le vallon voisin de la Bidonnerie, rapportée par le romancier périgourdin Eugène Le Roy, avait attiré une affluence considérable de pèlerins et de curieux. La supercherie cessa dans la confusion et la rigolade lorsque, lasse sans doute d’attendre l’apparition publique annoncée, une femme serait montée sur le rocher de l’apparition, à côté d’un autel rustique joliment et pieusement décoré, auquel étaient suspendues des gaufres, et aurait crié :
- Vous voulez voir le miracle ? Et bien le voilà ! Se détournant, elle aurait montré son … derrière, dit-on, en relevant prestement jupes et jupons.
La source voisine s’appelle toujours la Fontaine de la Sainte.


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