Salignac Eyvigues
La lauze

La roche calcaire, partout présente dans le Périgord oriental et le Quercy dont nous sommes si proche, conditionne la physionomie de l’habitat. Sous l’action conjuguée des eaux de pluie et du gel, la roche naturellement perméable va se fendre, se strier, se déliter, se tarauder, se diviser en blocs, en dalles, en cailloux.
Ce morcellement a été accentué dans les champs cultivés par le travail de la houe, du soc de l’araire puis de la charrue qui attaquent la surface des calcaires faisant remonter une partie des pierres. Les meilleures servaient à la construction des murs, les plus grandes dalles devenaient marches et encadrements des portes, les plus légères, peu épaisses appelées lauzes servaient de couvertures.


Les lauzes sont des plaques de calcaire peu épaisses de dimensions variables « los teoulos » appelées aussi dans les anciens actes « tuiles de pierre » mises en place par les « recouvreurs ».
Contrairement à d’autres régions de géologie à peu près similaire, les lauzes du Périgord ne sont jamais chevillées dans la charpente, elles tiennent par leur propre poids et leur calage par les mains expertes du lauzier. Sur les épais « levants » à pente aiguë des charpentes, le lauzier fixe, aujourd’hui avec des pointes, hier avec des chevilles, des demi rondins de châtaigniers ; c’est le lattage. Les lauzes les plus longues appelées « perçantes » sont coincées en bascule entre ces lattes, les autres coincées par dessus. Chaque lauze est travaillée et « camusée » à l’aide du  testu  pour suivre la bonne pente de la toiture. C’est un travail de spécialiste qui requiert adresse, compétence et « coup d’œil » ; n’est pas lauzier qui veut !
Bien que le levage soit grandement facilité par des appareils élévateurs, n’oublions pas que ces pierres étaient par le passé hissées dans n panier harnaché à dos d’homme appelé « l’oiseau ». chapeau messieurs les recouvreurs ! Sachant que ces toitures pèsent entre 700 kilos et 1 tonne au mètre carré.  
Il faudrait encore bien des ages pour expliquer les techniques de ces toitures d’exception qui s’adaptent aux différente formes et fonction des bâtiments qu’elles coiffent : aussi bien les tours de châteaux que les églises et leur clocher, les souches de cheminées que les lucarnes et les lanterneaux, les porches d’entrée que les pigeonniers et les fours. Parce que ces pierres sot travaillées à la main, on pourrait dire au cas par cas, elles permettent dans les toitures des souplesses de mouvements, d’adroites courbes, de généreuses rondeurs fort éloignées de la raideur des matériaux industriels.
La sagesse paysanne dit qu’une toiture de lauze bien faite a une durée de vie de cent ans. Son seul défaut actuellement : le prix élevé de sa mise en œuvre.


Office de Tourisme "Les Portes du Périgord Noir" F-24590 SALIGNAC EYVIGUES 05 53 28 81 93 FAX : 05 53 28 85 26 ot.salignac@perigord.tm.fr
Crédits et mentions légales