Le mot du bas latin capanna et du sud occitan cabana qui signifie « petit bâtiment de pierres sèches ». elles sont appelées aussi caselles ( de casa : maison) dans le Quercy et désignées à tort dans les guides par le nom de bories alors que la borie du latin bovaria, étable à bœufs, et en occitan boria signifie plus largement une ferme et une métairie.
Leur origine :
On peut supposer que le besoin de s’abriter et la présence de matériaux favorables sur place ont fait naître des cabanes depuis des temps très reculés. Cependant, malgré une croyance fort répandue, il ne semble pas qu’elles puissent s’assimiler à la hutte gauloise. La plupart des spécialistes s’accordent à penser que les premières cabanes datent du Moyen-âge, bien qu’aucun acte écrit ne le confirme. Quoiqu’il en soit, aujourd’hui, celles que nous voyons encore debout ne datent guère que de deux ou trois siècles si toutefois elles ont été bien entretenues.
Leurs formes :
Généralement les cabanes sont de forme ronde, mais elles peuvent n’être parfois que d’être rustiques abris dont le plan est alors en « U », ou prendre des formes presque carrées nécessitent alors des harpes d’angles grossièrement écaries.
Les matériaux utilisés sont le plus souvent pris sur place, certaines cabanes se servent même du flan de la roche contre laquelle elles sont construites de manière quasi troglodytique.
Leur technique de construction :
Partant d’un mat placé au centre de la future cabane, le bâtisseur trace au cordeau un cercle matérialisant la surface désirée. La méthode de construction du mur est la même que celle des murs en pierres sèches : appui sur un affleurement de roche, pierres choisies à l’œil, parfois légèrement retouchées à l’aide du testu, aucun mortier. Les ouvertures sont souvent composées de deux jambages verticaux monolithiques soutenant le linteau de pierre ou de bois, lequel peut être surmonté d’une importante lauze saillante formant le larmier. On ménage parfois à l’intérieur du mur circulaire une niche voire un banc.
La cabane n’a pas de charpente, la confection de son toit est un art. le principe en est simple si la réalisation est difficile, c’est celui de la fausse voûte dite « voûte en encorbellement ». chaque assise circulaire doit recevoir partiellement celle sui la précède avant de recevoir à son tour la suivante. Pas de mortier, pas de coffrage, les couronnes se rétrécissent un peu plus à chaque fois en tenant compte du profil du toit. D’une couronne à la suivante, les pierres sont bien croisées afin que les rangs restent solidaires. C’est un travail de précision. Quand l’orifice terminal est suffisamment restreint, le bâtisseur recouvre la voûte de lauzes disposées à leur tour en cercle concentriques, chaque rang s’appuyant sur celui de dessous. L’orifice terminal est fermé par une large dalle plate souvent sommée d’une pierre « quillée » que le spécialiste appelle « épi de faîtage ».
Leur utilisation :
Les plus courantes sont les « cabanes abris », parfois très rustiques, et bâties sans beaucoup de soins le long des routes anciennes, elles sont dites cabanes de cantonniers.
On en trouve de plus importantes et de mieux construites qui abritaient les voyageurs de passage, dans ce cas elles sont bâties à proximité des routes de circulation. Il en existe pour les travailleurs agricoles et les bergers, celles là dans les champs ou les bois, elles pouvaient servir aussi de remise pour les outils et de refuge pour les animaux (brebis blessées ou malades).
On trouve en lisière des grands bois d’assez vastes cabanes où les travailleurs se retrouvaient plus nombreux qu’on ne pourrait le croire : bûcherons, bergers, laboureurs, « carbonniers », sans doute aussi braconniers et chercheurs de champignons.
Certaines assez bien aménagées et éloignées de bourgs semblent avoir servies de refuge provisoire aux travailleurs et aux bergers qui y passaient la nuit allongés à même le sol, le chapeau sous la nuque en guise d’oreillers en période d’estive.
Proches des habitations, les cabanes ont d’autres usages : on peut trouver la cabane cellier renfermant le matériel vinaire, la cabane poulailler, la cabane pigeonnier, ces deux dernières n’en faisant parfois qu’une, les poules en bas et le pigeons en haut, la cabane aux canards, la cabane étable ou la cabane écurie logeant l’âne, la cabane bergerie et parfois celle qui abrite un point d’eau devenant puits couvert.
